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L'histoire particulière de Punch, l'éléphant d'Asie

L'histoire particulière de Punch, l'éléphant d'Asie
Qui vous accueille dans le grand hall du Muséum ? Facile, me direz-vous : c'est l'éléphant. Impossible de le manquer : son corps imposant et sa trompe levée imposent le respect. Tout comme un chacun, vous vous arrêtez devant, peut-être même vous le photographiez.

 

 

Nous avons longtemps cru que son petit nom était Gypsie…

Pour ses 100 ans, l'équipe des Collections du Muséum a mené des recherches plus avancées sur cet objet. Il s'avère que l'éléphant d'Asie du Muséum, naturalisé par Philippe Lacomme n'est pas l'éléphant Gypsie mais l'éléphant nommé de son vivant : "Punch". 

Photographie de Punch prise à partir d'un iphone, copyright pbezian, visiteur et membre du groupe Flickr Souvenirs du Muséum

Photographie de Punch prise à partir d'un iphone, copyright pbezian, visiteur et membre du groupe Flickr Souvenirs du Muséum. 

Mais alors qui est Punch ? Quelle est son histoire ? 

L'éléphant Punch était la vedette du numéro de dressage du cirque Pinder. Le dresseur de Punch était un anglais, M. Curley. Il y avait un attachement mutuel entre l'homme et l'animal.
 
 Affiche Pinder, copyright Pinder.
Affiche Pinder, copyright Pinder.
 
Les tournées de cirque duraient 9 mois. M. Curley était absent de son domicile toute cette longue période. Son épouse trouva cette absence probablement trop longue, et lorsqu'il revint en Tarn et Garonne, il dût se rendre compte qu'il avait été remplacé par ou plusieurs intermittents… qui n'étaient pas du spectacle.
 
MR. Curley et son éléphant Punch. Domaine public.
MR. Curley et son éléphant Punch. Domaine public.
 
Infidélité de Mme Curley - lecture d'un extrait du livre "Les histoires de cirque de Lewis-James Pinder" de Jacques Garnier, 1978 museumdetoulouse 
 
Devant son infortune, M. Curley quitta la région sans laisser d'adresse. 
Punch déprimait. A deux reprises, il eu des accès de violence : une première fois sur des chevaux, la seconde sur un voisin du village qui avait pour habitude de lui porter des épluchures dont il était friand. 
 

Accès de fureur de Punch - lecture d'un extrait du livre "Les histoires de cirque de Lewis-James Pinder" de Jacques Garnier, 1978 by museumdetoulouse
 
M. Pinder dut se rendre à l'évidence : il était devenu imprudent, voire dangereux, de confier à nouveau la garde de Punch à qui que ce soit. Il fallait s'en séparer. 
 
carte postale archive
Arthur Pinder décida de solliciter le concours de l'armée. Il avait opté pour la fusillade, moyen le plus sûr et le plus efficace. La mort de l'animal fut immédiate. De gauche à droite devant l'éléphant : Jean Mataly, Antonin Bouché, Arthur Pinder. Photo Archives DR. 

Début de l'histoire de Punch au Muséum. 

Muséum grande salle de Zoologie les Eléphants Mai 1893
C'est le 11 décembre 1907 que M. Arthur Pinder fit don de la peau de Punch au Muséum de Toulouse. Philippe Lacomme, taxidermiste, fut charger de naturaliser l'éléphant dans une allure différente de bien d'autres éléphants naturalisés : plus « vivante ». A cette époque les postures dynamiques étaient rares car la plupart du temps les spécimens servaient principalement le propos scientifique pour lequel était privilégié le choix d'une monstration homogène favorisant l'étude des caractères spécifiques ou de comparaisons. 

Choix d'une monstration homogène - plaque négative au gélatino-bromure d'argent, format 9x12 cm. Inscription sur enveloppe - Paris : Muséum grande salle de Zoologie les Eléphants Mai 1893- app. Zion
 
 
De ce fait, le montage évoquant l'éléphant en action s'annonçait difficile, M. Lacomme n'avait reçu que la peau, sans le squelette et les restes qui auraient pu lui donner une indication sur les mensurations de l'animal. 
Lacomme dut surmonter deux difficultés induites par l'opération : d'une part, il n'y avait pas de locaux assez vastes au Muséum, ni de portes assez larges, pour réaliser le montage final d'un éléphant en action : d'autre part le poids d'une naturalisation avec les procédés de l'époque s'établissait pour un éléphant à 3 tonnes. Le plancher de la salle ne le supporterait pas. 
 
réaliser un bâti, garni de liège, qui dessine le contour de l'éléphant.
Collection Muséum de Toulouse. Domaine Public. 
 
Lacomme inventa une procédure de naturalisation qui fait encore de nos jours référence. Elle consiste à réaliser un bâti, garni de liège, qui dessine le contour de l'éléphant. Le tout est démontable en 12 pièces. Ensuite la peau de l'animal est placée sur ce bâti une fois remonté dans l'exposition, à l'endroit où le public pourra le découvrir. 

Punch dans le nouveau Muséum

transport éléphant
restauration éléphant
Lors des travaux de rénovation en 2004, Punch a dû être déplacé. A son retour en 2005, il a été restauré. cc-by sa Muséum de Toulouse. 
 
 

L'éléphant Punch a son public 

L'éléphant Punch est régulièrement le centre d'activités dans les murs du Muséum  :
Diaporama de l'atelier des 6-12 ans : fabriquer son petit musée en installant Punch dans un décor fantastique. Photos cc-by sa Muséum de Toulouse.
 
Diaporama de l'atelier des 3-6 ans : réaliser l'album de Punch. Photos cc-by sa Muséum de Toulouse.
 
 
Atelier de réalisation d'un film d'animation autours du centenaire de l'éléphant du Muséum, conduits par L'Oeuf à la Coque
 
 
 
 
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Des visiteurs se sont faits prendre en photo, un magicien par un coup de baguette numérique les a monté sur le dos de Punch. Copyright Stéphane Giner, Muséum de Toulouse 
 

Billet écrit  - vendredi 25 février 2011 - avec la collaboration de Paul-Henri Cabrol et Brian Aïello (Préparateur - Taxidermiste)