PARLONS SCIENCES

La saga du calmar géant, de Pline l'Ancien à Olivier le marin

La saga du calmar géant, de Pline l'Ancien à Olivier le marin
Étrange paradoxe qui pèse sur cet être non moins étrange, le calmar géant, le plus grand invertébré de la planète, et aussi le moins connu, à peine entrevu dans son milieu naturel, au milieu de l'année 2012 ! Parmi les monstres imaginaires de la mer, c'est peut-être celui qui a suscité le plus de légendes, de mythes et d'œuvres littéraires et cinématographiques. Depuis peu, c'est seulement à partir d'animaux échoués ou parfois capturés par les chalutiers modernes, qu'il est possible d'en avoir quelque connaissance. Peut-être moins de mythe aujourd'hui, mais presque autant de mystère. Moins de mythe ? Pas si sûr !...

DU MYTHE À LA RÉALITÉ

Quelle pouvait donc être cette « terrible aboyeuse et tentaculaire créature », la célèbre Scylla, contée par Homère ? Une nymphe vivant dans une grotte du détroit de Messine (entre l'Italie et la Sicile), mue en un monstre malfaisant qu'Ulysse ne put éviter qu'en sacrifiant quelques-uns de ses marins.
 
Entre Charybde et Scylla. Vue d'artiste imaginant Ulysse aux prises avec la mythique Scylla (Extrait de Heuvelmans, 1958).
« Entre Charybde et Scylla ». Vue d'artiste imaginant Ulysse aux prises avec la mythique Scylla (Extrait de Heuvelmans, 1958). 
 
De longs tentacules permettent d'imaginer une forme proche d'un calmar géant. Pendant des siècles, de telles créatures, sûrement plus imaginées que reconnues, ont effrayé les marins et les habitants des côtes. Mais c'est au Moyen-âge qu'un nom leur est donné, le Kraken, héros des légendes scandinaves, qui rassemblait, sous la compilation d'anciens récits de l'évêque suédois Olaüs Magnus (1555), les formes les plus diverses, responsables des naufrages les plus affreux. D'autres naturalistes, sans être sortis de leur bureau, publieront des dessins et descriptions les plus fantaisistes comme l'improbable Moine des mers.
 
Le Moine des mers. Le terme et les premières illustrations du « moine des mers » ont été créés par Guillaume Rondelet et Pierre Belon (XVIe siècle). (Extrait de Heuvelmans, 1958).
Le Moine des mers. Le terme et les premières illustrations du « moine des mers » ont été créés par Guillaume Rondelet et Pierre Belon (XVIe siècle). (Extrait de Heuvelmans, 1958).
 
 
Ces citations se perpétueront au fil des inventaires d'histoire naturelle, y compris celui du célèbre Linné, pourtant scientifique rigoureux qui, dans la première édition de son Systema Naturae (1735), désignera sous le nom de Microcosmus marinus, un monstre qu'il classe pourtant bien dans les céphalopodes. Le zoologue Bernard Heuvelmans, fondateur de la cryptozoologie (science des animaux cachés), analyse un maximum de témoignages de serpents-de-mer recueillis de 1639 à 1965 dans son ouvrage Le Grand Serpent-de-Mer (1965). Il en conclut que les formes les plus couramment décrites comme des serpents de mer correspondent plus ou moins à des organismes ayant plusieurs mètres de long tels que certains poissons, requins-baleines, méduses coloniales, tuniciers coloniaux, mais aussi bien sûr des calmars géants.
 
Fait curieux - petit retour en arrière -, le calmar géant a été décrit au premier siècle par un naturaliste et écrivain latin Pline l'Ancien, à partir de témoignages provenant de la région de Gibraltar, là même où furent décrits les méfaits de Scylla ! La description assez précise que donne Pline l'Ancien de cette créature ne laisse pas de doute sur son identité : il s'agit bien là d'un calmar géant. En revanche, ses intentions de vol dans les viviers - décrites également avec précision -, frisent la fiction. En effet, cet animal des profondeurs n'est pas coutumier des eaux côtières, à plus forte raison de visites dans les viviers des pêcheurs. On peut penser qu'il s'agit d'un calmar géant s'échouant après une lente agonie, et encore suffisamment capable de mouvements interprétés comme agressifs. Au milieu de XIXe siècle, on ne sait toujours pas distinguer le mythe de la réalité. Mais ce siècle de savants va mettre un peu d'ordre dans ces croyances souvent farfelues.
 

De la réalité au mythe ! 

Equipage de l'Alecton tentant de hisser un calmar géant à bord (Açores, 1861).Les premiers indicateurs de céphalopodes de grande taille commencent néanmoins à provenir des chasseurs de baleines qui trouvent dans les estomacs de cachalots d'énormes mandibules en forme de becs de perroquet. En 1861, l'existence du calmar géant fut prise réellement au sérieux, lorsque l'équipage du navire de guerre français l'Alecton rencontra au large de Tenerife (Canaries) un animal flottant mesurant 7,50 m. Au moment de hisser l'animal à bord, seule la partie arrière fut récupérée, et envoyée plus tard semble-t-il au Muséum de Paris. Les communications scientifiques étant peu développées à l'époque, peu de scientifiques savaient qu'une dizaine d'années plus tôt, un zoologue danois, Japetus Steenstrup avait donné le nom de genre officiel Architeuthis à tous les calmars géants décrits comme tels dans le passé. La publication resta discrète, mais la référence était bien là. Puis une série d'échouages inexpliqués de calmars géants eut lieu sur les côtes de Terre-Neuve au cours des années 1870, que plusieurs chercheurs étudièrent pour le compte de divers musées. C'est là qu'on observa véritablement les records de longueur totale d'animaux mesurant près de 17 m. Etait-ce la fin des monstres légendaires ? Du tout ! Car nos littéraires trouveront là une matière inédite pour (re)créer de nouvelles légendes, à commencer par Victor Hugo et son roman Les Travailleurs de la mer (1866). Notre poète ne faisait pas dans le rigoureux. Il le dit lui-même : « Les scientifiques sont réducteurs et dépourvus de sentiments, dans leurs descriptions. » Assurément, lui n'en manquait pas ! Les outrances de la description qu'il fit d'un poulpe de grande taille, aux prises avec son héros Gilliatt, vont donner à ce pauvre animal une réputation de monstre agressif, dangereux et répugnant. En exil à Guernesey, il introduisit ici le nom local normand de pieuvre qui reste aujourd'hui dans le langage populaire et même scientifique. C'est dire la force littéraire du poète. Concernant notre calmar géant, il ne fait pas doute qu'il est devenu une vedette planétaire grâce à l'un des plus célèbres romans de Jules Verne Vingt mille lieues sous les mers. A l'inverse de Victor Hugo, Jules Verne passe son temps à consulter assidument les rapports des scientifiques dont il tire les meilleures descriptions des innombrables espèces marines qu'il cite dans son ouvrage (et dont la grande majorité a cours encore). En réalité, il décrit un poulpe géant et non un calmar géant comme celui encore célèbre du film de Richard Fleisher (1954), avec Kirk Douglas et James Mason, chef-d'oeuvre du cinéma de fiction. Enfin, c'est également un poulpe qui est convoqué par Lautréamont dans ses Chants de Maldoror, pour en faire un symbole fantastique à la mesure de cet auteur romantique quelque peu perturbé.
 
illustration : Equipage de l'Alecton tentant de hisser un calmar géant à bord (Açores, 1861).
 
 
UN OU PLUSIEURS CALMARS GÉANTS ?
 
Alors, qu'est-ce qu'un calmar géant, en réalité ? Pendant longtemps affublé de plusieurs noms d'espèce selon la région géographique où ces animaux échoués étaient trouvés et parfois étudiés, le calmar géant a fait depuis peu l'objet d'analyses génétiques qui ont mis tout le monde d'accord - ou à peu près -, sur un seul nom : Architeuthis dux, appartenant à la famille des Architeuthidae.
 
Angel Guerra et ses collègues commençant la dissection d'un calmar géant Architeutis dux pêché par un chalutier au large de la Galice (8 mètres de longueur totale). (A. Guerra, Vigo).
Angel Guerra et ses collègues commençant la dissection d'un calmar géant Architeutis dux pêché par un chalutier au large de la Galice (8 mètres de longueur totale). (A. Guerra, Vigo).
 
Encornet colossal antarctique Mesonychoteuthis hamiltoni, pêché par des Néozélandais au large de l'Antarctique en 2007Il existe néanmoins un autre géant, découvert en 1925, et capturé récemment par des pêcheurs néo-zélandais : Mesonychoteuthis hamiltoni, appelé encornet colossal de l'Antarctique. C'est un cousin ! Il appartient à une famille différente, les Cranchiidae. Il est moins long et plus massif, pouvant toutefois atteindre un poids de plusieurs centaines de kilogrammes.
 
Encornet colossal antarctique Mesonychoteuthis hamiltoni, pêché par des Néozélandais au large de l'Antarctique en 2007. Courtoisie Ministère de la pêche (Nouvelle-Zélande). Copyright Stephen O'Shea
 
 

PRINCIPALES CARACTÉRISTIQUES DU CALMAR GÉANT ARCHITEUTHIS DUX : ŒIL GÉANT ET BEC DE PERROQUET, CERVEAU MINUSCULE ET LONG PÉNIS

C'est donc à partir des seuls échouages d'animaux morts ou moribonds que quelques études - aux résultats inégaux - ont pu être faites. Exception parmi les mollusques, le système circulatoire des céphalopodes est clos. Le cerveau est petit, proportionnellement à la masse corporelle. Pourtant, on connaît l'étonnante intelligence des céphalopodes, notamment des poulpes expérimentés en laboratoire, capables d'apprentissages performants pour des mollusques, par exemple dévisser un tube contenant un crabe. De fait, les neurophysiologistes ont identifié des fibres nerveuses géantes, susceptibles de conduire l'influx nerveux à une vitesse très élevée. C'est d'ailleurs l'étude de la conduction nerveuse de ces fibres qui a valu aux biologistes anglais Hodgkin et Huxley le Prix Nobel de Biologie en 1963. Petit cerveau, mais œil énorme ! Le plus grand œil des animaux de la planète, avec près de 25 cm de diamètre ! Il s'agit d'une évolution qui a favorisé le développement d'un œil capable de détecter la bioluminescence émise par les proies et les partenaires. Mais aussi, autant que possible, capable de repérer les prédateurs, dans un milieu particulièrement obscur, puisqu'on estime que ces animaux vivent - selon leur âge - entre 300 et 1200 mètres de profondeur, préférentiellement autour de 700 mètres, là où la lumière est vraiment très peu perceptible. Une taille considérable également, le « bec de perroquet », atteignant plus de 12 cm,  pouvant s'articuler dans tous les sens, de façon à déchiqueter finement la chair des proies, condition nécessaire pour faciliter le passage par un œsophage étroit. Ces géants sont de redoutables carnivores se nourrissant de poissons, de crustacés, mais aussi de leurs congénères et autres céphalopodes pélagiques. Son prédateur le plus redoutable est sans aucun doute le cachalot, contre lequel il n'a pratiquement aucune chance de fuite.
 
Vue d'artiste d'un combat cachalot-calmar géant. CC by-nc-sa William Hartz
Vue d'artiste d'un combat cachalot-calmar géant. CC by-nc-sa William Hartz
 
Ce dernier peut en effet le détecter grâce à un véritable sonar. L'encre que le calmar géant est capable de projeter est probablement peu efficace pour réussir une fuite salvatrice. Certains anciens témoignages de baleiniers rapportent que le calmar géant peut parfois obstruer l'évent par lequel respire le cachalot et entraîner ainsi sa mort par asphyxie. Fort peu de connaissance - est-il besoin de le préciser ? - sur la reproduction de ces mollusques. Les mâles sont dotés d'un pénis qui peut atteindre presque la longueur du manteau (près d'un mètre pour les plus grands animaux). Les chercheurs travaillant sur des cadavres échoués ont noté la présence de spermathèques (capsules de 10 cm de long contenant les spermatozoïdes) fichés dans le manteau ou les bras de femelles. Pis, ils en ont trouvé aussi dans le corps... de mâles ! Ce qui a fait dire à Steve O'Shea, spécialiste néozélandais des calmars géants, que « Avec un cerveau si petit, il doit être difficile de gérer un si long pénis ! ». Formule spécieuse, à notre avis, car rien ne prouve qu'un cerveau bien développé gère mieux un pénis plus modeste ! Autant dire que la confusion la plus totale règne sur ce comportement. On ne sait pas comment la femelle procède ensuite pour « récupérer » et conduire les spermatozoïdes vers ses ovocytes pour les féconder. La vitesse de croissance des calmars géants est supposée élevée. L'analyse des stries d'otolithes (cristaux de carbonate de calcium localisés dans l'oreille interne jouant un rôle fondamental dans l'équilibre) de quelques rares spécimens de petite taille a permis d'estimer la longévité de l'espèce à 14 ans. Mais là aussi la prudence est de mise car d'aucuns préfèrent avancer plutôt 4 ans. La question fait débat.
 

A QUAND DU CALMAR GÉANT DANS NOS ASSIETTES ?

De telles prises devraient réjouir les pêcheurs hauturiers. Il n'en est rien. En effet, les calmars géants contiennent dans leur corps des ions ammonium (NH4+) provenant de leur catabolisme, qui permettent une meilleure flottabilité à l'animal - donc une notable économie d'énergie -, mais aussi, hélas pour nous, qui donnent un goût détestable à sa chair. Il y a quelques années, Paco Bustamante, écotoxicologiste de l'université de La Rochelle, a analysé des échantillons pris sur divers organes de calmars géants échoués sur les côtes atlantiques et méditerranéennes. Les concentrations en certains métaux lourds (cadmium, arsenic, mercure,...) étaient plus élevées chez les spécimens de Méditerranée que chez ceux de l'Atlantique. Mais là encore, les conditions d'échantillonnages et leur rareté doivent conduire à des interprétations prudentes.
 

ALORS, FIN DU MYTHE DU CALMAR GÉANT, MONSTRE ÉNIGMATIQUE DES PROFONDEURS ? PAS SI SÛR !

Avec l'ère des sous-marins scientifiques s'ouvrent des possibilités de recherches inédites en eaux profondes. Qui ramènera les premières images du « monstre » in situ ? Très onéreuses, les tentatives sont rares. En 1999, le chercheur américain Clyde Roper et son équipe montent une expédition au large de la Nouvelle-Zélande, avec le petit sous-marin Deep Rover, capable de s'immerger à 900 mètres de profondeur. Après un mois d'exploration il revient bredouille. En 2000, Angel Guerra, un spécialiste des céphalopodes de Vigo en Espagne, prépare une campagne pour tenter de ramener les premières images d'un calmar géant dans son milieu, au large de la Galice. Quand il sollicite l'Ifremer pour l'utilisation du sous-marin Nautile et son navire porteur L'Atalante, le responsable du sous-marin demande des précisions sur le comportement du calmar géant, avec bien entendu l'arrière-pensée de la mésaventure du Nautilus aux prises avec le monstre tentaculaire de Jules Verne. On n'est jamais trop prudent ! L'opération ramène de belles images de la faune rencontrée, mais pas de calmars géants au rendez-vous. Tsunemi Kubodera, un chercheur japonais passionné par cet animal, a fait beaucoup pour monter des expéditions à la recherche des premières images de notre géant in situ. En 2004, il parvient à prendre des photos d'un spécimen à 900 m de profondeur, ainsi qu'à hisser à bord de son bateau un tentacule de près de 8 m de long accroché à un hameçon. Et c'est en juillet 2012 qu'il monte une expédition avec le sous-marin américain Triton, équipé d'appareils de prises de vue très sophistiqués. Là, la chance lui sourit et il parvient enfin à obtenir quelques minutes de vidéo d'un calmar géant à 630 mètres de profondeur. Les images sont magnifiques, trop brèves, certes.
 
 
Une des premières révélations est la brillance de la peau, jamais vue - et pour cause - sur les animaux échoués. Mais hors de cette performance alliant patience, technologie et budget, il est douteux que de telles expéditions puissent encore avoir lieu, de sorte que les mystères de la vie du calmar géant resteront encore... profonds.
En 2003, le grand navigateur Olivier de Kersauson, à bord de son trimaran Geronimo, tente de battre le record du tour du monde à la voile, en équipage et sans escale. C'est le Trophée Jules Verne. Par la presse du 15 janvier (Libération) on apprend qu'au large de Madère, le bateau est freiné par un calmar géant. C'est la nuit, peu de précisions. Sur le quotidien «  Le Télégramme de Brest », René Pérez, tourne en dérision cette annonce :
 
«  ... Le bateau se met à vibrer et à ralentir. Kersauson stoppe son trimaran, et se penche par-dessus bord. Et là, les images sont formelles. Le calmar lance un juron : « M..., c'est Kersauson ! » Il vient de reconnaître, penché au-dessus de lui, l'abominable homme des mers, le pourfendeur des « Grosses Bêtes » sur RTL, l'Amiral tout le temps, le Weldom à la mer, celui qui pisse au vent en jurant : « Le poisson qui me bouffera est pané »... Arrière toute ! Mû par l'instinct de survie et pour ne pas faire la même bourde que son ancêtre, le calmar plie fissa ses gaules et ses tentacules, en opérant une plongée d'urgence dans les grandes profondeurs pour fuir cette vision d'Apocalypse. »
 
Quatre jours avant son arrivée à Brest, nous envoyons un message à bord du trimaran proposant au célèbre marin de venir examiner la coque du bateau lorsqu'il sera mis à sec, afin de voir les traces des ventouses, car la disposition des crochets permet de faire une pré-identification de l'animal. Pas de réponse. Pas de réponse non plus après un deuxième message... Saura-t-on jamais ce qui s'est réellement passé ? La présence d'un calmar géant en surface est tout à fait plausible ; mais alors il s'agit d'un animal moribond (ce fut par exemple le cas du calmar géant vu par L'Alecton en 1861), car cette espèce - est-il besoin de le préciser ? - ne traque ses proies qu'en profondeur, et le bateau d'Olivier n'en fait assurément pas partie. Rencontrer un calmar géant au cours du Trophée Jules Verne... La mariée était-elle (un peu) trop belle ? Si la réalité peut être mise à mal, le mythe, lui, reste toujours très prégnant !...
 

COMMENT TROUVER UN CALMAR GÉANT À TERRE ?

On l'a vu, les pêcheurs hauturiers, avec leurs grands chalutiers modernes pêchent parfois des calmars géants. Sans être de taille considérable, ils n'en constituent pas moins une gêne notable car ils ne sont pas commercialisables. Certains chalutiers se sont néanmoins équipés de grands containers dans lesquels il est possible de conserver des animaux au formol. C'est ainsi que les Néozélandais ont offert au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris un exemplaire de 9 mètres de long, nommé Wheke en maori. Après une naturalisation spéciale appelée plastination, il est exposé dans la Grande Galerie de l'Evolution en 2008, ce qui a entraîné une remarquable augmentation du nombre de visiteurs. La maquette grandeur nature que le Muséum présentait auparavant a été offerte au Muséum de Nancy.
 
Enfin, l'immense calmar géant qui plane au-dessus de la première galerie de notre Muséum est-il un record de longueur ? 
 
calmar géant exposé au Muséum de Toulouse
Calmar géant au muséum d'histoire naturelle de toulouse, france. CC by-sa Géraldine Millo, Muséum de Toulouse.  
 
Oui, sans aucun doute ; sauf que c'est une reproduction. Mais quelle reproduction ! La réalisation de ce chantier a été confiée à Emmanuel Janssen, taxidermiste du Lot et Garonne. Fin 2006, le calmar géant fait son entrée au Muséum. Avec ses 17 mètres de long, c'est sans doute le record mondial d'un calmar géant... reconstitué. Le choix d'une telle taille n'est pas du au hasard, celle-ci étant estimée à partir du diamètre d'une empreinte de ventouse recueillie sur un cachalot pêché par des baleiniers. C'est assurément une des plus belles pièces du Muséum devant laquelle les visiteurs passent de longs moments...
 
 

Références :
Heuvelmans, B., 1958. Dans le sillage des monstres marins. Le Kraken et le poulpe colossal. Plon, 498 pp.
Barrère, F. (2012). Une espèce animale à l'épreuve de l'ímage. Essai sur le calmar géant. L'Harmattan, Paris, 198 pp.
Guerra, A. & M. Segonzac. Géants des profondeurs. Editions Quae. En préparation.
Garcin, P.-Y. & M. Raynal. Tentacules. Gaussen, 114 pp.
 
 
Article rédigé par Michel Segonzac, volontaire au Muséum de Toulouse et attaché honoraire au Muséum de Paris.
Mis en ligne le 31 mars 2014.