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Les papillons des Jardins du Muséum

Les papillons des Jardins du Muséum
Quel plus beau symbole de la beauté de la nature que les papillons… Alors qu'ils sont en régression dans nos campagnes (en raison notamment des pesticides et de la monoculture), nous retrouvons dans les jardins, au cœur de Toulouse, une étonnante variété de papillons dont la discrétion n'a d'égale que la beauté pour qui sait se pencher pour les observer.

Photo : Papilio machaon, kookaburra 81

Une étonnante variété

Pas moins de 20 espèces de papillons ont été recensées sur le site des Jardins du Muséum. Pour les découvrir, nul besoin de ratisser les endroits les plus reculés du sentier oublié ! Ils folâtrent en plein cœur des Potagers du monde pour notre plus grand plaisir. Pour mieux les admirer, on choisira la fin de matinée, quand ils profitent des rayons du soleil pour se chauffer sur des perchoirs. Un médiateur équipé d'un filet saura vous montrer de plus près leurs couleurs chatoyantes. Il vous expliquera aussi le lien entre les papillons et le potager.

Des pollinisateurs

pollinisateur

Copyright : un papillon ça trompe... par Régis

Si certaines chenilles comme celle de la piéride (voir description plus loin) sont des terreurs du potager (car se régalant des feuilles de certaines plantes cultivées), le rôle des papillons est essentiel pour la pollinisation des plantes du jardin. En effet, comme l'abeille, le papillon se nourrit de nectar et il transporte à son insu le précieux pollen qui féconde les fleurs du jardin.

Des codes couleurs

Les papillons de jour, Rhopalocères pour les intimes, sont des insectes territoriaux. Les mâles ont souvent des couleurs plus vives, ce qui facilite la distinction entre espèces et entre les sexes. Les couleurs des papillons sont des panneaux indicateurs, pour les autres espèces et les mâles et femelles d'une même espèce, disant : je suis un mâle, je suis chez moi !.

Le mâle localise la femelle par la vue avant d'entrer en contact avec elle au cours d'une « danse » aérienne où il échange des messages olfactifs. Le nez du papillon, ce sont ses antennes, organes complexes qui lui permettent d'analyser à qui il a affaire et de passer des messages : notamment pour savoir si la femelle est féconde et l'informer qu'il veut se reproduire…

L'aile du papillon est une merveille de la nature : si vous avez l'occasion de l'observer de près, vous découvrirez qu'elle est tapissée d'une multitude de petites écailles pigmentées ; certaines réfléchissent la lumière et renvoient des tons moirés…

Vus aux Jardins

Voici quelques espèces que vous pourrez rencontrer dans les jardins :


Le flambé et le machaon (Iphiclides podalirius et Papilio machaon)

flambé_Iphiclides podaliriusLa famille des Papilionidés rassemble les plus grands papillons de France. Ces papillons aux couleurs vives, tels que le flambé et le machaon, malgré leur taille, sont des animaux discrets et peu abondants. Vous aurez de la chance si vous les apercevez au jardin, en vol battu ou plané, traversant ou même se posant sur la bourrache ou les choux ! La chenille du flambé apprécie les pruniers et celle du machaon se développe sur les Apiacées (fenouil, angélique…).

Le flambé - Iphiclides podalirius , prise aux Jardins du Muséum, cc by-sa Muséum de Toulouse.

 



La piéride du chou (Pieris brassicae) :

Peris brassicae ou Piéride du chou des Jardins du Muséum de toulouse

Photo : Pieris brassicae, prise aux Jardins du Muséum.

Ce joli papillon blanc est honni des jardiniers car sa chenille (la larve du papillon) raffole des plantes de la famille des choux, les Brassicacées. Mais attention : ce n'est parce que l'on observe beaucoup de piérides que l'on est envahi par ses chenilles : ce papillon est un migrateur ! Les femelles pondent éventuellement sur les choux à cette saison, mais elles peuvent tout aussi bien n'être que de passage… Ce papillon est un des quelques Rhophalocères européens anthropophiles qui vit aux dépens de l'activité des hommes dans le potager. Lui aussi joue un rôle important dans la pollinisation des plantes potagères. 

 

L'argus bleu (Polyommatus icarus) :

Papillon Argus bleue polyommatus icarus

Photo : Argus bleu - Polyommatus icarus, prise aux Jardins du Muséum.

Magnifique papillon bleu azuré de la famille des lycènes, l'argus bleu fait partie d'un groupe de papillons nommés Azurés pour leur superbe tonalité de bleu sur le dos des ailes. Seul les mâles sont colorés, alors que les femelles plus discrètes sont brunes avec de petits ocelles orange. L'argus bleu raffole du nectar des plantes aromatiques telles que la sarriette ou la menthe, plantes très mellifères. On l'observe de préference le matin vers 10h , quand il se chauffe au soleil en nous gratifiant de ses belles couleurs…


L'azuré porte-queue (Lampides boeticus)

Azuré porte queue ou Lampides boeticus Jardins du Muséum de Toulouse

Photo : Azuré porte queue - Lampides boeticus, prise aux Jardins du Muséum.

Voilà un joli papillon d'un bleu violacé discret qui arbore comme sont nom l'indique une petite queue sur les ailes postérieures. Au potager, où il se reproduit, il apprécie surtout les fleurs de légumineuses (Fabacées). Plusieurs mâles se retrouvent souvent pour des joutes aériennes acrobatiques : ce papillon très territorial surveille d'un perchoir à faible hauteur les éventuels rivaux pour les chasser à l'issue d'une ronde endiablée dans les airs.


La mélitée orangée (Melitaea didyma)

La mélitée orangée (Melitaea didyma)

Photo : Mélitée orangé - Melitaea didyma, prise aux Jardins du Muséum.

Vous aurez peut-être la chance de rencontrer, dans l'espace nature ou au potager, la très jolie Mélitée orangée. Petit papillon aux couleurs fauves ponctuées de noir, il apprécie particulièrement le plantain car il y pond. On pourra le découvrir avec de la chance, posé ou occupé à butiner sur les aromatiques comme la lavande ou la sarriette !


cuivré communLe cuivré commun (Lycaena phlaeas) :

Le cuivré comme les argus (famille des Lycaenidés) est un animal territorial, il apprécie sur son territoire de disposer d'un « solarium » dans lequel il va se chauffer ailes ouvertes en cherchant la meilleure orientation pour capter le soleil (ce qui le rend très pénible à prendre en photo sans faire de l'ombre !) et qu'il va défendre âprement contre les autres mâles ! Il apprécie tout particulièrement les friches agricoles et les jardins pour butiner sur les aromatiques.

Le cuivré commun - Lycaena phlaeas, prise aux Jardins du Muséum, cc by-sa Muséum de Toulouse.

 

 

 

 

 


Article rédigé par Marien Fusari et Cyril Rombaut, médiateurs culturels au Muséum de Toulouse. Mise en ligne le 26 juillet 2013.


 

Une sélection documentaire sur le sujet (articles, livres, liens) à retrouver à la bibliothèque Carthailhac du Muséum de Toulouse (entrée libre) : télécharger le PDF