La lettre d’information du Muséum de Toulouse

Novembre 2009

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Après la première édition de la Novela en octobre, le Muséum accueille une nouvelle fois, fin novembre, un tout nouveau festival : Terres Insolites. Lors de conférences, de dédicaces et de cafés nomades, Terres Insolites vous proposera de rencontrer et d’échanger avec des auteurs / explorateurs qui ont parcouru le monde entier et qui souhaitent partager leurs expériences. Dépaysement garanti !

1ère édition du festival Terres Insolites au Muséum

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Du 19 au 22 novembre, le Muséum accueille la première édition du festival Terres Insolites organisé par l’association Délires d’Encre, sur le thème : "Autres cultures, autres regards".
Véritable invitation au voyage, Terres Insolites a pour objet la présentation d’auteurs / explorateurs qui ont parcouru le monde à la recherche des peuples et des terres les plus reculées et les plus sauvages.
Il propose au public une ouverture sur d’autres civilisations, d’autres cultures, d’autres connaissances, à travers des productions (livres et images) et des expériences à partager en direct.
Ces rencontres associent des compétences d’une grande rigueur scientifique avec une capacité certaine à faire rêver. Le Festival se divise en deux temps : les jeudis et vendredis, pendant lesquels il s’adresse d’abord aux scolaires avec 4 auteurs à destination des enseignants et de leurs élèves ; puis les samedis et dimanches, accompagné d’autres auteurs, le festival accueille le grand public. Conférences, dédicaces et cafés nomades, les 21 et 22 novembre, seront des rendez-vous privilégiés pour rencontrer les auteurs.

Auteurs présents pour les rencontres scolaires et les journées grand public

  • François BEIGER. A l’origine de l’idée du Festival, il est auteur, conférencier, et directeur de la collection « Terres Insolites » aux éditions BELIN. Explorateur de l’Arctique canadien.

  • Emmanuel HUSSENET. Explorateur et auteur, spécialiste des régions arctiques.

  • Jean-Yves LOUDE. Explorateur et auteur, spécialiste du peuple Kalash du Pakistan.

  • Guth JOLY. Exploratrice et auteure, spécialiste de la Sibérie et de la Russie.

Auteurs présents pour les journées ouvertes au grand public

  • Christian CLOT. Explorateur et auteur, spécialiste de l’Amérique du Sud et de la Cordillera Darwin en Terre de Feu.

  • Philippe FREY. Explorateur et auteur, ethnologue et spécialiste des déserts et de leurs populations.

  • Laurent GRANIER. Explorateur et auteur, a effectué un tour du monde et spécialiste de l’Alaska.

L’entrée au Muséum sera gratuite pour les conférences, les dédicaces et les cafés nomades.
Pour en savoir plus : www.deliresdencre.org
Vous retrouverez prochainement dans la rubrique Actualités du site la programmation complète de Terres Insolites.

Les conférences du mois de novembre...

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Jeudi 5 novembre : "De l’oeuf à l’éternité", par Vincent Fleury, biophysicien, directeur de Recherches au CNRS à l’Université Rennes 1. Biophysicien spécialiste de morphogenèse, Vincent Fleury complète les explications que l’on possède sur la formation des animaux, en relation avec l’évolution et l’émergence de l’Homme.
En montrant que les lois de la physique prédéterminent l’évolution de la forme de chaque espèce, il établit le lien entre développement et évolution. De telles recherches pourraient avoir des conséquences thérapeutiques capitales, notamment sur la régénération des organes. Conférence en partenariat avec le GREP.
Jeudi 12 novembre : "Éloge de l’inefficacité, le grand bricolage de l’évolution", par Luc-Alain Giraldeau, écologue, biologiste, professeur à l’Université de Québec à Montréal. L’évolution est un processus aveugle, dont le résultat est à la fois imparfait et remarquablement fonctionnel.
Contrairement à une idée reçue la sélection ne débouche pas sur la perfection. Elle trouve son chemin par le biais de compromis et les solutions d’adaptation qui en résultent sont parfois surprenantes.
Mardi 24 novembre : conférence dans le cadre des Entretiens de la Dépêche au Muséum. Le thème sera prochainement défini.

... et les rencontres à Champs Libres

Jeudi 5 novembre : "Doit-on avoir peur des nanotechnologies ?" Par Bastien Calmette, doctorant au Centre d’Elaboration de Matériaux et d’Etudes Structurales, Toulouse. Bastien Calmette évoquera son travail sur les nanotechnologies, l’occasion de mieux comprendre le travail que les scientifiques mènent aujourd’hui sur ce monde à découvrir et de discuter avec lui des enjeux actuels liés à de telles recherches.
Jeudi 12 novembre : Rencontre avec un scientifique, Luc-Alain Giraldeau, écologue, biologiste, Professeur à l’Université de Québec à Montréal. L’occasion pour chacun de discuter en toute liberté sur des questions au coeur de son travail de chercheur.

Grippe A - Trois questions pour comprendre

Le 13 octobre dernier, le Muséum inaugurait son nouveau cycle de conférences, les Entretiens d’Actualités, sur un sujet brûlant : la pandémie de grippe A.
A cette occasion, deux spécialistes participant à cette conférence, le Dr. Xavier Verdeil, spécialiste en épidémiologie et hygiène hospitalière au CHU Toulouse et le Dr. François Angles, médecin généraliste, président du GROG (Groupes Régionaux d’Observation de la Grippe) ont répondu à nos questions. Entretien.

Rongo, Rongo : Les virus ont toujours fait partie de l’environnement de l’homme. N’avez-vous pourtant pas l’impression que l’irrationnel et la peur qu’ils génèrent s’accroît dans notre société ?
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Dr. Xavier Verdeil : Ce constat peut se vérifier sur certaines maladies virales précises, mais je ne crois pas qu’il s’applique à la grippe A. S’il y avait au tout début de l’épidémie une crainte généralisée, liée très certainement à des images inquiétantes venant du Mexique et montrant des personnes portant des masques de protection, plusieurs sondages récents viennent de démontrer ces derniers jours que cette peur est largement retombée.
Dr. François Angles : Je partage ce constat que je vérifie quotidiennement auprès de mes patients. Inquiétude forte dans le courant de l’été, puis inflexion de ces craintes ces dernières semaines, ce qui correspond bien aux sondages récemment publiés indiquant que les Français n’ont pas peur de la grippe.

Le vaccin pour se prémunir de la grippe A suscite une assez forte suspicion dans l’opinion publique, y compris, et cela semble nouveau, chez le personnel médical. Comment expliquez-vous cette forme de défiance ?
Dr. Xavier Verdeil : C’est probablement le contexte de nouveauté du vaccin qui soulève ces réticences auquel s’ajoute certainement la rapidité de réalisation des essais cliniques et de l’autorisation de mise sur le marché. Concernant le corps médical plus spécifiquement, l’interrogation tient plus, à mon avis, sur l’intérêt de la vaccination et sur les risques d’attraper la maladie. En réalité, le personnel soignant a plus intérêt à se faire vacciner par souci d’altruisme - pour protéger ses patients, ne pas être un vecteur de contamination - que pour lui-même. Mais le choix de se faire vacciner, même chez les soignants, relève d’une décision personnelle.
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Dr. François Angles : Il y a en France une sorte de culture anti-vaccin qui remonte à la création du BCG au premier tiers du 20ème siècle qui s’était accompagné d’un certain nombre d’accidents graves. Pour autant, c’est grâce à ce vaccin que l’on a pu quasiment éradiquer la tuberculose dans notre pays. Le même schéma s’est reproduit avec le vaccin contre la variole. Mais en France on a retenu autant les risques que les avantages de ces vaccins. Pour en revenir à la grippe A, la vaccination a été décidée très précocement : c’est un choix politique justifié par le fait que cette malade était perçue comme extrêmement agressive. Le vaccin a été mis au point de manière très rapide, beaucoup plus rapide que pour les vaccins de la grippe saisonnière qui sont préparés en février et vendus en septembre. Sans être, bien au contraire, un adversaire des vaccins, il me semble logique que cette précipitation soulève un certain nombre d’interrogations. Je précise par ailleurs que, même pour la grippe saisonnière, la vaccination chez le personnel soignant est loin d’être un réflexe. Environ la moitié à peine des généralistes, et un quart seulement des spécialistes, se font vacciner. Certes, ils ne constituent pas une population à risques puisqu’ils sont bien souvent âgés de moins de 65 ans. Mais on peut regretter cette lacune au regard d’une étude scandinave qui montre clairement que lorsque le personnel soignant se fait vacciner, les épidémies se propagent beaucoup moins vite.

Quelle est la situation épidémiologique en Midi-Pyrénées concernant la grippe A ?
Dr. François Angles : Pour le moment, la pandémie n’en est qu’à ses débuts. Les chiffres dont nous disposons ne montrent pas d’augmentation significative du nombre de cas. A ce jour, sur le nombre total de grippes recensées, seules 10% sont causées par le virus H1N1. En d’autres termes, 9 grippes sur 10 détectées aujourd’hui sont dues à d’autres virus que le H1N1 - rhinovirus, virus de la grippe saisonnière - que l’on retrouve chaque automne et chaque hiver. Cependant, il ne s’agit là que d’une photographie à un instant donné. La situation peut encore évoluer puisque généralement les pics d’épidémies de grippe se situent plutôt entre décembre et mars.

Photos (de haut en bas) : Dr. Xavier Verdeil / Dr. François Angles.

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