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Récit d'un naturaliste en Guyane

Récit d'un naturaliste en Guyane
En Novembre 2018, une mission de terrain s'est déroulée en Guyane sur le territoire de la Réserve Naturelle de Kaw-Roura. Elle est le résultat d'un partenariat entre le Muséum de Toulouse, la Société d'Histoire Naturelle de Toulouse et la Réserve Naturelle de Kaw-Roura.
C'est accompagnés par les gardes de la réserve que nous avons mis en oeuvre notre travail de terrain, à l'intérieur de cette grande zone luxuriante composée de plusieurs milieux cachés par la canopée. Un travail qui s'est déroulé en 4 temps, dans 4 milieux différents.

Malgré la proximité avec Cayenne et son accessibilité par la route bitumée qui la traverse, la réserve peut ménager encore de belles découvertes. Elle abrite, en effet, une biodiversité totale, du plus petit des organismes au plus grand des prédateurs, le jaguar, et s'étend sur plus de 940 km² !

En nous éloignant du tracé des quelques sentiers qui la parcourent, c'est un monde nouveau et plein de surprises qui s'offre aux naturalistes venus de métropole que nous sommes.


Le bivouac

La Réserve de Kaw-Roura

La réserve est un des paysages côtiers de la Guyane, située à quelques dizaines de km à l'Est de Cayenne. Elle consiste en une série de petits monts dont le principal, la Montagne de Kaw, termine la chaîne de reliefs à l'Est et plonge en une grande zone de marais qui subit l'influence du rythme des marées. Pas question de sable blanc ni d'océan bleu turquoise ici, le front de mer est matérialisé par une longue langue de boue épaisse et une eau marronnasse qui n'invite pas, a priori, à la baignade.

A l'entrée de la réserve, le village de Roura abrite l'administration et, 50km plus loin, au niveau des marais, le petit village de Kaw dissimule quant à lui le bâtiment d'accueil du public, des locaux techniques et d'hébergement pour le personnel de la réserve. Entre les deux, nous trouvons quelques habitats, épars et la forêt, dense.

 

La mission de terrain

La mission que nous avons menée s'inscrivant dans une meilleure connaissance du territoire, avec notamment l'exploration de zones éloignées de la route, nécessitait de bivouaquer dans la forêt. Etant donné l'importante biodiversité du site et les difficultés d'inventaire liées, entre autres, à l'humidité, nos efforts d'observation se sont portés sur deux groupes taxonomiques : les Palmiers pour la flore et les Hémiptères (punaises) pour la faune.


Punaise Augocoris

 

Même si nous avons l'habitude de fréquenter les forêts tropicales, les conditions que nous allons rencontrer ici vont être différentes de ce que nous avons vécu jusqu'alors. La mission a été programmée en fin de saison sèche, mais même en cette période, les pluies, régulières, peuvent se transformer en de véritables trombes d'eau de courte durée.

 

Le terrain

Nous allons explorer 4 zones que nous nommerons en fonction de points remarquables du terrain : la Montagne Gabrielle, la Crique Patawa (une crique est une petite rivière en Guyane), la Crique Solitaire et la Montagne Favard.
Relativisons tout de suite les choses, les altitudes ne dépasseront jamais 300m. Néanmoins, le relief est très vallonné depuis le niveau de la mer.
Contrairement à une idée reçue, il est très facile de cheminer dans le sous-bois de la forêt guyanaise si celle-ci est un peu ancienne. Les arbres sont imposants et génèrent une ombre au sol qui ne permet pas un grand développement de la strate herbacée. Pas besoin de layons (le chemin balisé en Guyane), le but est justement de pouvoir sortir des sentiers tracés pour mieux connaître les zones. Deux moments peuvent être cependant pénibles : celui où l'on rentre dans la forêt, car la lisière est souvent impénétrable (c'est d'ailleurs un des rares moments où l'on se sert de la machette), et le franchissement des "chablis", des arbres qui sont tombés entraînant dans leur chute lianes, autres arbres plus petits et épiphytes. Ce sont souvent des zones qu'il faut contourner, parfois assez largement.


 Lianes et plantes épiphytes sur les troncs (qui poussent sur d'autres arbres)

 

La montagne Gabrielle : approcher une extraordinaire biodiversité

Beaucoup des noms de lieux ici sont évocateurs du passé de la Guyane. Du fait de sa proximité avec la zone des marais et de l'Océan, toute la montagne de Kaw a été habitée, soit par des amérindiens soit par des colons. Sur la montagne Gabrielle on trouve les restes d'anciennes habitations de briques, de vieilles bouteilles de verre, de marmites à manioc, des alignements de pierre, etc.Or, tout ceci est en train d'être recouvert par la forêt et colonisé par ses habitants : reptiles et arthropodes ont par exemple tôt fait d'y trouver de nombreux abris ou terrains de chasse.

Lors de nos cheminements, nous notons tout ce que nous voyons, ou du moins le maximum de choses, au-delà de nos choix d'inventaires. Les palmiers sont bien présents, plusieurs genres, tous plus beaux les uns que les autres, notamment les Astrocaryums avec leurs grandes feuilles pennées à revers argentés. Dans cette forêt, nous rencontrerons 4 espèces du genre dont le très utilisé Counana, Astrocaryum paramaca. C'est un palmier acaule qui produit d'immenses feuilles en couronne pouvant atteindre 6m de long. La plante, sur toute sa longueur, est garnie de longues épines vulnérantes et dangereuses quand on s'en approche. Ce palmier de sous-bois a la particularité, grâce à sa "corbeille" de feuilles, de recueillir tous les débris végétaux et animaux qui tombent de la canopée. Ces débris finiront par s'accumuler et enrichir le sol au pied du palmier. On consomme sa graine, et les longues feuilles sont utilisées pour les toitures de carbet ou pour de la vannerie.


Palmier Astrocaryum sciophilum , ses fruits et ses épines

L'effort et l'humidité ambiante nous font ruisseler, nos objectifs photos se couvrent d'une buée dangereuse pour leur survie, mais les paysages sont magnifiques. Il y a un bruit permanent : celui de la forêt. L'Oiseau sentinelle ou Paypayo chante constamment un chant aigu et puissant. Nous passons près d'arbres aux troncs immenses, déformés par leurs larges contreforts. Le rythme est lent et ne dépasse pas 1km par heure ! Mais nous sommes là pour chercher et observer, adoptant le pas du naturaliste. L'ambiance est grisante pour nous, venus de métropole, et chaque pas nous permet de découvrir une nouvelle forme de vie. Comment alors décrire toute cette diversité de formes, de couleurs, de tailles ? Pour 10 criquets observés existent 10 mimétismes différents ! Tantôt semblable à une feuille, tantôt à une branche ou encore à une écorce. Pourquoi la vie est-elle si diversifiée ? Parmi les amphibiens le petit Crapaud perlé, Rhinella margaritifera et la Grenouille à tapirer, Dendrobates tinctorius, illustrent bien le rôle du mimétisme : pendant que le Crapaud perlé joue sur son incroyable ressemblance avec une feuille morte pour tromper proies et prédateurs, la Grenouille à tapirer exhibe ses couleurs bleu et jaune pour signaler que son venin est très toxique. Les deux espèces sont bien présentes dans le sous-bois en cette toute fin de saison sèche alors que les pluies se font de plus en plus fréquentes.


Crapaud perlé et grenouille à tapirer

 

La crique Patawa : une très ancienne forêt

La crique Patawa est une rivière magnifique qui prend sa source sur le versant sud de la montagne, ; ici pas de restes d'habitations, tout au plus des layons de braconniers signalant que des humains passent de temps en temps. Nous croisons de nombreux Murumuru, Astrocaryum sciophilum, un palmier superbe qui grandit d'environ 1m par an, certains dépassant ici les 7m... Ils constituent donc une vieille forêt. Par ailleurs, si ce palmier ne quitte pas l'ombre du sous-bois, ce n'est pas le cas du Comou, Oenocarpus bacaba qu'il côtoie. On le trouve ,en particulier, à la faveur d'anciens chablis où il croît rapidement, ce qui lui permet de devenir une espèce émergente dépassant 20 m de hauteur, sur un stipe (la tige des palmiers) qui ne dépasse pas 25cm de diamètre ! Pourtant, pas de contreforts à sa base, mais un grand nombre de racines émergentes orangées qui servent entre autres à un meilleur ancrage. Le Comou est surtout recherché pour la qualité de ses fruits consommés sous forme de jus.

Ici des arbres chutent en permanence et la tige unique de ces palmiers est un avantage pour une plus grande longévité à l'ombre de ces géants. En sous-bois la roche n'est pas très loin, constituée de latérites consolidées et creusée comme un gruyère de nombreuses cavités plus ou moins grandes. Les arthropodes cachés, cryptiques, attendent tranquillement l'obscurité de la nuit pour s'activer. L'un d'eux, l'Amblipyge, paraît être sorti de l'imagination fertile du créateur de la série Alien, à moins que ce ne soit l'inverse. Mi-araignée, mi- insecte, l'Amblipyge est un être à part avec ses longues pattes sensitives et ses pattes ravisseuses armées de redoutables crochets.

Dans la crique elle-même nous aurons la chance d'apercevoir une Loutre géante, l'un des plus gros prédateurs de la forêt avec le jaguar. Malgré sa grande taille elle peut remonter les petites rivières très loin. Sur les berges, de petits palmiers de sous-bois connus sous le nom de Way, ici il s'agit de Geonoma stricta, produisent des fruits bleus, signe d'une dispersion par les oiseaux. Ces petits palmiers de sous-bois sont bien éloignés de l'image classique du palmier. Leur tige dépasse rarement 2 à 3 cm de diamètre, leur taille est souvent très limitée et leur feuillage présente fréquemment un limbe entier et bifide. Plusieurs espèces sont présentes et leur identification n'est pas toujours évidente. C'est un des genres pour lesquels de nouvelles espèces sont certainement encore à découvrir.

Nous nous en éloignons des berges de la crique, seul endroit plat, et gagnons un plateau très lumineux. De nombreux excréments récents de tapir nous signalent sa présence toute proche. Un des gardes nous montre d'ailleurs son parcours, jalonné d'arbustes cassés qu'il couche pour manger les jeunes feuilles. Nous croisons peu de serpents alors que nous les cherchons ! Si ce n'était pas par curiosité naturaliste, nous pourrions marcher un jour entier sans en voir un. Ici, pendant la journée et sur le sol, la faune est cachée ou bien mimétique. Le Grage grands carreaux est le serpent que nous croiserons le plus fréquemment. Paradoxalement c'est aussi un des plus dangereux. Cependant, il est particulièrement calme et passif devant notre curiosité. Magnifique espèce qui, grâce à sa livrée cryptique, se confond parfaitement avec la litière de feuilles mortes ou, comme ici, avec l'écorce d'une branche tombée au sol.

 


Serpent grage

Le village de Kaw : un point de vue privilégié sur la nature environnante

La maison de la réserve se situe près du débarcadère du village de Kaw, le dégrad. Petit hameau accessible uniquement par bateau, Kaw est pour nous un moment de repos entre deux périodes en forêt. La maison de la réserve, sur pilotis comme quasiment tout le village qui est inondable, est charmante. C'est un beau lieu d'accueil sur la nature environnante pour les quelques touristes qui viennent ici. Le village est essentiellement peuplé de pêcheurs et les marais foisonnent de vie. Outre les nombreuses espèces de poissons, on peut y apercevoir le soir, les Caïmans noirs et Caïmans à lunettes qui se partagent la manne des poissons. Nous y croiserons, a à l'entrée d'une buse qui passe sous une piste, de nombreuses Anguilles électriques à l'affût des poissons poussés par la marée montante. Peu après le village d'anciennes plantations fruitières, Noix de Cajou, Arbres à pain, Avocatiers, Bananiers et plusieurs populations d'Aroumans, plante du sous-bois utilisée et favorisée pour la vannerie traditionnelle. Ces plantes, du genre Ischnosiphon et de la famille des Marantacées composent des paysages délicats quand on chemine parmi les tiges, sous les bouquets de leurs larges feuilles ovales qui tamisent la lumière du soleil. Toutes les espèces produisent de petites fleurs délicates densément réparties le long d'épis pointus.

 

La crique Solitaire : la forêt des grands arbres

Sur ce parcours nous allons évoluer de géant en géant. Il est toujours très difficile d'identifier les arbres ici, nous n'avons pas accès aux feuilles fraîches et il faut faire avec les contreforts, l'écorce, la présence éventuelle de latex, les fruits et graines et les restes de feuilles, à condition de séparer celles du sujet des autres arbres dont les houppiers se mêlent. Ici ce tronc massif, cylindre parfait est un Parinari montana comme en témoignent ces énormes graines au sol. Celles-ci sont tellement dures que l'arbre est surnommé Graine-roche. Elles étaient vraisemblablement dispersées par un gros mammifère de type Tapir géant disparu au Pléistocène avec l'arrivée des premiers humains sur le continent. De nombreux arbres, certains à très gros fruits, d'autres pourvus sur leur tronc de très fortes épines, se sont certainement adaptés à des animaux aujourd'hui disparus qu’ils ont côtoyés. L'Amérique du Sud était, il y a encore environ 20 000 ans, peuplée d'une faune de mammifères aux proportions hors normes tels les fameux Paresseux géants.

Peu après nous être arrêtons au pied d'un super Figuier étrangleur, ici Ficus nymphaeifolia. qui tire son nom d'une écologie particulière : les figues qu'il produit sont consommées par les singes et les oiseaux tandis que les graines se retrouvent dans les excréments d'animaux arboricoles. La graine germe alors dans ce terreau sur la branche d'un arbre et, avec le développement de la plantule, des racines sont émises qui vont descendre pour s'enraciner au sol. Ce faisant, elles encerclent le tronc, s'anastomosent les unes les autres (c'est-à-dire se réunissent et communiquent entre elles à l'image des vaisseaux sanguins) jusqu'à former un véritable carcan autour de l'arbre. Ce dernier qui a donc servi de support pendant la jeunesse du figuier ne peut, de fait, plus grandir en épaisseur, et dépérit. Son bois est consommé par les champignons et insectes et retourne à l'état d'humus, laissant un exosquelette toujours debout constitué d'un réseau de racines-troncs désormais suffisamment solides pour supporter la croissance du figuier...


Figuier étrangleur



Racines contreforts-de-Moutouchi

 

Nous descendons maintenant vers le marais. Sur un replat, une grande population du palmier, Astrocaryum gynacanthum à stipe unique nous donne l'espoir de découvrir l'espèce rare que nous cherchons, A. minus, qui se distingue de l'A.gynacanthum par son caractère monocaule. Mais cela reste un faux espoir comme nous l'indique la forme des feuilles. Ce palmier-ci,a à la tige grêle, possède de très longues épines qui le protègent là aussi d'un herbivore aujourd'hui certainement disparu. La remontée se fera le long de la crique Solitaire, au milieu d'une végétation de fougères exubérantes et en croisant quelques gros crabes d'eau douce et autre lézard caïman. Ce lézard a la particularité d'être plus à l'aise dans l'eau que sur la terre et adopte comme position de repos la même posture que le caïman, ne laissant dépasser que sa tête hors de l'eau.


Crabe Kingsleya

La remontée permet d'admirer encore quelques géants parmi les arbres. L'un d'eux se trouve complétement cerné par les lianes et racines d'un figuier étrangleur qui pendent depuis ses frondaisons. Nous manquons marcher sur une magnifique espèce de Faux-Jacquot, Thalesius viridis qui imite presque à la perfection un serpent au venin mortel. Etonnant de remarquer comme sa couleur bleue turquoise se confond parfaitement avec la litière brune de feuilles. Il se laisse observer, prenant une attitude de défense particulière qui le fait ressembler à un serpent mort.


Serpent Thalesius viridis

La Montagne Favard : sur les traces d'une présence humaine...

Dernier jour dans la forêt. Nous nous situons à l'extrémité Est de la réserve, tout près du marais et de la rivière de Kaw. La Montagne Favard a la particularité d'héberger les restes d'une exploitation de canne à sucre aux abords d'une magnifique crique et au contact du marais. Deux palmiers s'épanouissent ici, le fameux Wassaï ou palmier Pinot, Euterpe oleracea, palmier très élégant, poussant sur les berges en grandes populations connues sous le nom de pinotières. On en tire le jus de Wassaï ou Açaï, très à la mode et réputé pour ses propriétés anti-oxydantes et son bon goût, alors que son bourgeon terminal est vendu comme cœur de palmier. En sa compagnie et juste ici pousse le Palmier qui marche, Awara-monpé, Socratea exorhiza, dont le stipe élancé est soutenu par une couronne de racines échasses étonnantes. Son feuillage aussi est particulier puisque les pennes sont irrégulièrement découpées et asymétriques.


Palmier wassaï

Point d'orgue et fin de ce sentier de découverte très emprunté par les touristes, une roche gravée amérindienne. La roche, massive, est malheureusement affublée d'un immense parapluie métallique censé la protéger des dégradations dues aux intempéries... Le long du sentier, la présence de nombreux palmiers tels que le Maripa, le Comou et l'Awara traduisent une présence humaine continue à cet endroit. Tous ces palmiers, indigènes en Amazonie, sont utilisés pour la vannerie, la consommation de leurs fruits comestibles, leurs troncs, etc.

Là où le sentier s'arrête, nous continuons pour gagner le sommet tabulaire, peut-être ce que l'on appelle traditionnellement une ancienne montagne couronnée, c'est-à-dire que le large plateau du sommet était peuplé et entouré de structures défensives. Sur ce sommet, nous tombons sur un trou au diamètre impressionnant qui signale la présence du Tatou géant ou Cabassou. Même s'il est suffisamment grand pour pouvoir y entrer, personne ne prendrait le risque de vérifier si l'animal est bien là. Le sommet en lui-même est recouvert de palmiers en particulier une petite espèce, Bactris gastoniana, Anuya wili, pourvue de longues épines fines et dont les fruits sont rassemblés en une courte grappe. La pause déjeuner nous donne une nouvelle fois l'occasion de faire connaissance avec les animaux les plus dangereux de cette forêt, : en particulier une chenille rose vêtue d'une permanente ahurissante très urticante.


Parlmier Bactris gastoniana et les fruits du palmier Bactris pliniana

 

Pendant la redescente, toujours en hors sentier, nous traversons des zones plus sèches. Au sol les fleurs bleues du Jaboty égayent la litière de feuilles. Nous faisons connaissance avec une des plantes les plus dangereuses de la forêt, une population de Disteganthus lateralis, plante de la famille et proche de l'ananas, aux longues feuilles garnies de crochets sur leurs marges qui nous lacèrent. Ce faisant, nous découvrons un surprenant champignon, poussant en colonie sur une branche morte dont la forme et la dureté évoquent un corail noir et une punaise cryptique dont la livrée, entre le lichen et la toile d'araignée est bluffante. Chaque pas est en fait l'occasion de découvrir un être vivant, immobile et silencieux, souvent mimétique, qui attend pour s'agiter que les méga-prédateurs que nous représentons passent leur chemin.

 

De cette expédition nous avons rapporté une meilleure connaissance de certains secteurs de la réserve, des données sur la flore et la faune présentes qui seront partagées avec la réserve et le réseau des naturalistes de Guyane. Il nous reste désormais à identifier de nombreux insectes et de nombreuses plantes prises en photo. Enfin, deux fruits 'intégreront la carpothèque du Muséum : le fruit en forme de gros ananas du palmier Astrocaryum sciophilum et les fruits-cailloux du Parinari montana.

 


Article rédigé par Boris Presseq, botaniste au Muséum
Mis en ligne le 20 décembre 2019


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