Le programme LIFE Green Heart

Le programme LIFE Green Heart, l’île du Ramier et le projet Grand Parc Garonne

Le projet du Grand Parc Garonne vise à reconquérir les bords du fleuve sur 32 kilomètres de linéaire. Au sein de ce projet, l’île du Ramier a pour vocation de devenir le poumon vert urbain. C’est un lieu où la nature recule depuis 60 ans alors qu’un parc municipal couvrait la zone en 1902 (50 hectares). L’aménagement de cet espace vise à se traduire, sur le volet environnemental par :
- Le renforcement de la ripisylve.
- La reconstitution de strates végétales complémentaires et fonctionnelles.
- La création de parcours de sensibilisation à la “nature en ville”.
Ces aménagements visent à favoriser la biodiversité et consolider la trame verte pour créer un couloir de biodiversité.

Dans ce cadre, l’aménagement de l’île du Ramier bénéficie du programme européen LIFE Green Heart qui soutient les projets dans les domaines de l’environnement et du climat. Fort de son expertise, le Muséum a été sollicité pour participer à ce programme au niveau de deux actions.

 

Le suivi et étude de la faune et de la flore ayant un impact sur la trame verte et bleue pendant et après le projet

La zone concernée par le projet, correspond à la partie nord de l’île du Ramier. Elle couvre 30 hectares et est bâtie à 89 %. L'objectif du projet de lutter contre le phénomène d’îlot de chaleur passe par une végétalisation de plus de la moitié de cette surface. Ce nouveau paysage va entraîner une modification de la biodiversité. Ce suivi permettra de mesurer l'évolution de la faune et de la flore sur le site concerné et d'adapter le cas échéant les modes de gestion.

 

L'action du Muséum se concentre sur :

Le suivi ornithologique afin de percevoir l’impact de l’évolution du site sur les populations d’oiseaux, des relevés par IPA (Indices Ponctuels d’Abondance) ont été mis en place. 10 stations ont été réparties en fonction de leurs potentiels et de l’évolution écologique dans le cadre du projet. Ce  suivi régulier mérite d’être entrepris afin :
 - De préciser et d’affiner l’abondance de chaque espèce nicheuse via un protocole standardisé
 - D’analyser les éventuelles variations et changements (population, peuplement…) constatés
 - De mettre à jour régulièrement l’inventaire ornithologique du site

Photo 1 : Bouscarle ; Photo 2 : Martin Pécheur ; Photo 3 : Épervier

Les inventaires botanique qui se font sur 4 secteurs et donneront lieu à 3 passages par an. L'île du Ramier. Sujet aux inondations, le substrat de l'île est composé d'un mélange de limons et de galets qui permettent l'installation rapide d'un milieu dont le type est un boisement en mélange de feuillus poussant sur sol riche et frais. L'attention sera portée sur la ripisylve relictuelle. Elle est constituée par deux cordons boisés d’une surface totale d'environ 1,9 hectares. 

En 2022, alors que le projet arrive à mi-parcours, les inventaires naturalistes menés par le Muséum livrent de premiers éléments. Ainsi, dans le périmètre couvert par le projet, plus de 247 espèces végétales sauvages ont été recensées, dont 34 d’arbres. Parmi toutes ces espèces, 30 sont d’origine exotique et naturalisées sur la zone d’étude, soit 12% du total. Pour donner un ordre d’idée, sur Toulouse, 877 espèces de flore sauvage ont été inventoriées, dont 21% sont d’origine exotique.
Evoluant dans cette végétation, bergeronnettes des ruisseaux, pouillots véloces, chevaliers guignettes ou rouges-gorges font partie des 28 espèces d’oiseaux repérées à ce jour. Certaines sont protégées, plusieurs se reproduisent sur l’île.
 
Ces premiers suivis se poursuivront sur les prochaines années, pour permettre de mieux cerner l’évolution des populations, l’arrivée ou le départ de certaines espèces. L’île du Ramier n’est pas un milieu isolé, et l’initiative en faveur de l’environnement et de la biodiversité en plein cœur de Toulouse sera un lieu privilégié où (re)voir certains représentants de la faune et de la flore sauvages.